mercredi 25 janvier 2017

Le mouvement Hippie dans la littérature et les arts

VIMBERT Flavie
TOLLA Kassandra
FERY Gabrielle-Luna


   TPE- Éthique et responsabilité
                              Le mouvement Hippie dans la littérature et les arts

Problématique :
« Le mouvement Hippie dans les arts et la littérature : un impact conséquent sur les consciences? »

Introduction :

Pour introduire ce TPE, nous allons présenter dans les grandes lignes ce qu’est le mouvement Hippie. Il est en effet essentiel de faire le point dessus même si le sujet abordé parlera d’art et de littérature, afin de s’ancrer dans l’idéologie Hippie et d’arriver à faire les liens entre les deux.


Le mouvement Hippie, apparu dans les années 1960 aux États-Unis, est un mouvement contre-culture composé de jeunes issus du Baby-Boom de l'après-guerre. Ces derniers rejetaient massivement le mode de vie américain ainsi que la société de consommation. Ce mouvement est né dans une vague d'envie de liberté et d'évasion, mentalement et  physiquement parlant. De nouvelles sensations sont recherchées ; de cet état d'esprit découle le psychédélisme, de nouveaux styles musicaux et des écrits dénonciateurs. Une vague influente se rependra par la suite en Europe Occidentale. 

Nous verrons dans un premier temps l'idéologie des précurseurs, ainsi que leur manière de revendiquer des libertés. (Quels procédés artistiques ou littéraires utilisés ?) Nous poursuivrons dans un second temps avec le fruit de ces idéologies; de « la manière de concevoir et de penser » à la création d'un mouvement atypique et historique, idéologiquement et artistiquement parlant. 

                                                
Plan :
I)                  Idéologie des précurseurs du mouvement Hippie: revendication des libertés

* a) Un cri de rage romancé, prônant la drogue
à William S. Burroughs ; Festin nu
* b) De nouvelles thématiques littéraires amorcées par une ouverture d’esprit sur la vie sexuelle et un retour à la nature
à Jack Kerouac ; Sur la route
à Allen Ginsberg ; Howl
* c) Des id
ées nouvelles dans l’art issues d’une vague contestataire de la société de consommation
à Boris Vian ; La complainte du progrès
                                      *****
II)               La naissance du mouvement à travers l’art et la littérature

* a)Le psychédélisme, un art inspiré des effets de la drogue
à Œuvre psychédélique visuelle
à Jimi Hendrix ; Purple Haze
*a’) La drogue, une source d’inspiration pour l’écrivain
à Charles Duchaussois ; Flash
* b) Un engagement pacifique en photo et chanson
à Marc Riboud ; La fille à la fleur
à John Lennon ; Imagine
* c) L’émancipation de la femme à travers la photo
à Peter Hassman
à Marathon de Boston 1967
* d) Un appel à l’amour, la paix, le partage et la liberté
à Maxime le forestier ; Une maison bleue
                    à  Janis Joplin ; Trust me
à  Richie Havens ; Freedom 

Conclusion.
                              
                 *                                             *                                       *

I) Idéologie des précurseurs du mouvement Hippie: revendication des libertés

a)Un cri de rage romancé, prônant la drogue:

         En 1950, les drogues faisaient partie de la culture et du mode de vie de la « Beat Generation ». Ce mouvement littéraire et artistique est donc né dans les années 50 aux Etats-Unis et a été employé par Jack Kerouac dès  1948, qui a été le créateur de ce mouvement. La rencontre d’auteurs emblématiques comme Kerouac, Allen Ginsberg  et William Buroughs ont sans aucun doute permis la naissance de la « Beat Generation » et sont les précurseurs de la libération sexuelle et du mode de vie de la jeunesse des années 60.
        Les Beatniks ébranlent une société américaine  conformiste et inspirent différents mouvements aux Etats-Unis mais aussi hors de leurs frontières. Ils rejettent la société telle qu’elle existe et revendiquent une existence en conformité avec leurs idées faites de libertés, d’abandon aux plaisirs des sens.
         La marijuana et le haschich étaient les seules drogues consommées, puis il y a eu l’apparition de drogue plus dure, tel que le LSD qui a été popularisé par le docteur Tim Leary. Elle était vu comme une substance libératrice qui, selon les consommateurs, permettait d’atteindre la dimension cachée de l’être et d’ouvrir l’esprit, ainsi que partir à la quête de soi-même, à la recherche de sa vérité et de sa nature. Cependant, nous pourrons noter que les Hippies consommateurs de cette drogue allaient à l’encontre de certains de leurs principes, le LSD étant purement chimique…Ci-dessous, la photographie d’une femme consommant de la marijuana au festival Woodstock.


         Quelques-uns de ces consommateurs se sont fait connaître par la littérature. C’est le cas de William Seward Burrough, qui a marqué l’histoire du mouvement Hippie avec son roman «Festin nu», qui a d’ailleurs été banni pendant longtemps pour cause d’obscénités. Il écrit sous l‘effet de drogues dures tel que l’héroïne, le LSD. Ses hallucinations sont mêlées à des scènes apocalyptiques. Ce roman décrit le monde tel que le perçoit Burrough à travers le personnage Bill Lee ; il décrit un monde noir, absurde, comique, dépravé, tantôt parlant d’homosexualité, tantôt de cannibalisme, et de plein d’autres sujets tabous. Ce livre est écrit sous forme de « cut-up », qui consiste à assembler des morceaux de texte dans un enchaînement non-logique. Cela n’empêche pas que le roman est, par-dessus tout ce pêle-mêle, un roman ayant un vrai sens. Burroughs décrit dans son roman une société intolérante. Il met le point sur l’engrenage qui a fait de lui et de ceux de la Beat Génération ce qu’ils sont : des exclus de la société. Son œuvre renvoie tout droit aux idées de la Beat Génération.

Voici un extrait du roman :
« (…) ils démoulent les paralytiques de leurs poumons d'acier, singent leurs hoquets de suffocation en se trémoussant sur le carrelage les quatre fers en l'air, la langue pendante et les yeux révulsés, administrent des clystères avec des pompes à bicyclette, débranchent les reins artificiels, coupent une femme en deux avec une scie chirurgicale à quatre mains, lâchent des hordes de cochons grognonnants dans les coulisses de la Bourse, font caca sur le plancher de la salle de séances des Nations Unies et se torchent avec les traités, les alliances et les pactes. »


         William décrit un pèle mêle d’hallucinations dans une scène ou des jeunes voyous mettent la pagaille dans les rues du monde entier. Son imagination et ses hallucinations suite à la prise de drogue fusionnent dans son esprit pour décrire une scène apocalyptique. Le tout donne naissance à un livre contestataire et provoquant, pour le plaisir des lecteurs les plus avertis. Nous pourrons en conclure de par sa censure et son écriture « trash » que ce livre a eu un grand impact sur les consciences de l’époque.

*                                             *                                       *


b) De nouvelles thématiques littéraires amorcées par une ouverture d’esprit sur la vie sexuelle et un retour à la nature:

         Les précurseurs du mouvement Hippie ont également ouvert les esprits sur des sujets tabous tels que la sexualité, et le retour à la nature. Ils prônent les grands espaces bucoliques, champêtres. D'ailleurs, Allen Ginsberg a réuni 40 000 jeunes dans un champ, qui se sont recouvert de pâquerettes et de grelots. Ils ont aussi amené une ouverture sur tous les types de sexualité, notamment sur l’homosexualité et le libertinage. 
         Deux grands précurseurs du mouvement Hippie qui faisaient parti de la Beat Génération ont marqué la littérature américaine ; Jack Kerouac avec son Roman « On the road » et Allen Ginsberg avec son poème « Howl ».
          Avec son roman « On the road » Jack Kerouac prône un retour à la liberté. Ce roman retranscrit l’aventure de Sal Paradise, un jeune homme en révolte contre l’hypocrisie morale de l’Amérique, et qui rêve de voyager. Il va faire la rencontre d’un jeune voyageur venu de Denver, Dean Moriartry, qui va l’entraîner dans son univers. Ils voyageront ensemble, à la recherche de la liberté, accompagnés de sexe et d’alcool.

Voici un passage du livre :
« Je m'imaginais dans un bar, le soir même, avec toute la bande. A leurs yeux, je serais l'étrange prophète déguenillé, venu des marges de la contrée apporter la parole obscure, et moi, la seule parole qui me venait, c'était : "Waw !" »

Ce passage montre l’envie d’évasion et de grands espaces que désire Sal Paradise, alias Jack Kerouac.

         Le poème d’Allen Ginsberg « Howl » écrit en 1955 et publié en 1957. Lui, a créé un impact phénoménal, notamment dans le monde de la littérature, mais aussi sur toute la société et la culture de l’époque. 


Voici un passage du poème de Ginsberg :
« ...qui copulèrent en extase et insatiables avec une bouteille de bière une fiancée un paquet de cigarettes une bougie et tombèrent du lit et continuèrent le long du plancher et dans le couloir et s’arrêtèrent au mur évanouis avec une vision de vagin et de jouissance suprême éludant la dernière éjaculation de conscience.
...qui sucèrent le con d’un million de filles tremblantes dans le soleil couchant, et ils avaient leurs yeux rouges au matin mais prêts à sucer le con du soleil levant, étincelant des fesses dans les granges et nus dans le lac... »

         On peut noter qu’Allen ouvre deux sujets tabous pour un contexte sociologique consommateur et urbanisé, moderne, neuf. Le sexe et le retour à la nature sont donc de nouvelles thématiques littéraires. Il aborde le sujet du libertinage et lie les rapports sexuels à la nature. Ce poème est un cri de colère contre le conformisme de l’époque et un hymne à la liberté de tout ce rapporte au corps et à l’esprit humain, exposé ici en vers libérés.
         Ces deux œuvres ont donc eu un impact sur les esprits, la culture et la société de l’époque en prônant le libertinage et l’évasion, ainsi que le retour à la nature.




*                                             *                                       *

       c) Des idées nouvelles dans l’art issues d’une vague contestataire de la société de consommation:

         Après s’être penchés sur les précurseurs américains incontestables du mouvement Hippie, nous nous sommes penchés sur le sujet des précurseurs français. Boris Vian, malgré sa non-participation au mouvement Beatnik, avait des idéologies semblables et compatibles à celles de  Burroughs ou Ginsberg, notamment en ce qui concerne la remise en cause de la société.
         C’est le cas de La complainte du progrès, oeuvre sortie en 1956, lorsque les Trente Glorieuses battaient leur plein. (Jusqu’en 1951, les français n’avaient accès à la nourriture que par le biais des tickets de rationnement.) Cette nouvelle ère d’abondance change radicalement le quotidien des citoyens, qui en viennent même à consommer par frénésie. Les paroles dénoncent la société de consommation, le fait que tout devient matériel. Selon Boris Vian, ce matérialisme vient à détruire et à remplacer l’Amour, le romantisme et la vie de couple. Il discrédite tous ces nouveaux objets dits « indispensables » par les publicités, en inventant des appareils inutiles :  un pistolet à gaufres ou encore un repasse-limasse, tout est bon pour parodier les nouveautés ! 




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II) La naissance du mouvement à travers l’art et la littérature

a)Le psychédélisme, un art inspiré des effets de la drogue:


        Tout d’abord qu’est ce que le psychédélisme? Le psychédélisme est un style artistique en vogue des années 1960. Étymologiquement, le psychédélisme est un terme grec "psyché" qui veut signifie âme, et "deloun" qui veut dire rendre visible, montrer; il signifie aussi "révélateur d'âme". Ce terme désigne un état hallucinogène provoqué par les drogues prises qui amène des hallucinations, et des sensations qui deviennent de plus en plus importantes. Pour les hippies la drogue aide à ouvrir des portes sur la perception, car sous certaines drogues la vision, les couleurs sont différentes et donc perçues différemment. Celles-ci aident à exprimer leurs sentiments sous toutes les formes possibles et inimaginables. Le mouvement psychédélique -s’incluant directement au mouvement hippie- est apparu dans les années de 1960. Ce mouvement artistique est la relation entre les sens et les activités psychiques, dans un même contexte artistique. Ce nouvel art à pour but de montrer à ceux qui ne consomment pas de drogue la manière dont les artistes perçoivent le monde sous les effets hallucinogènes. Cela nous donne en effet beaucoup d’œuvres diverses et variées de couleurs et de formes différentes d’un artiste à un autre.



  Comme on peut l’observer, l’esthétique de la pochette est différente de ce que l'on pouvait voir avant les années 60. On observe beaucoup de couleurs "flashy" ; notamment du rouge, du violet, du vert, des nuances de roses, et des nuances de jaunes. Sur d’autres œuvres les formes employées sont vagues, abstraites, représentantes de mouvements indécis.  
       Cependant, le psychédélisme n’existe pas uniquement sous forme d’art visuel, c’est un art qui se répand dans plusieurs domaines. En musique, on parle de "rock psychédélique". C'est un genre musical qui prend forme dans les années 1960, et est lui-même inspiré de l’usage de la drogue hallucinogène du type LSD. Ce genre musical à la particularité d'avoir une rythmique facile, une mélodie qui se répète à en devenir pénétrante. Pour varier et égaliser le tout, on notera une omniprésence de solos instrumentaux conséquents.
Pour exemple, nous avons choisi l’artiste Jimi Hendrix et sa chanson intitulée "Purple Haze". C'est l'un des musiciens les plus influents et créatifs de l'époque. Son instrument de prédilection est la guitare électrique -qu'il prend à l'envers pour jouer-. Hendrix mélange plusieurs styles comme le fuzz, le feedback et ajoute des distorsion de notes. Sa musique ' Purple Haze' est un hymne à la drogue ainsi qu'aux produits hallucinogènes (Purple Haze devient même le nom d'une drogue dure acide). Les paroles de cette chanson sont basées sur l'un des rêves de l'artiste, à la suite d'une lecture d'un livre de science-fiction. Voici les paroles: 

Purple Haze was in my brain
La brume violette envahissait mon cerveau

Lately things don't seem the same
Récemment les choses semblent ne plus être les mêmes

Actin' funny but I don't know why
J'agis bizarrement mais je ne sais pas pourquoi

Scuse me while I kiss the sky
Excusez-moi pendant que j'embrasse le ciel

Purple Haze all around
La brume violette était omniprésente

Don't know if I'm coming up or down.
Je ne sais pas si je monte ou si je descends

Am I happy or in misery
Suis-je heureux ou triste

Whatever it is, that girl put a spell on me
Quoi que ce soit, cette fille m'a jeté un sort

Help me, help me,
Aide-moi, aide-moi,

Purple Haze was in my eyes
La brume violette m'aveuglait

Don't know if it's day or night
Je ne sais pas si c'est le jour ou la nuit

You've got me blowing, blowing my mind
Tu as fumé, fumé mon esprit

Is it tomorrow or just the end of time
Est-ce demain ou juste la fin des temps. 


      On remarque en effet que le psychédélisme est inspiré des effets de la drogue, de par ses mélodies envoûteuses ou bien de par ses couleurs chatoyantes, diformes et volatiles. 

a’) La drogue, une source d’inspiration pour l’écrivain:



      Durant les années 1960, la drogue et ses effets sont appréciés. La communauté Hippie s’en servait pour exprimer leurs sentiments au travers de divers tableaux, musiques ou bien encore écrits. Flash, de Charles Duchaussois en fait parti. Publié en 1971, il fut l'un des plus grands succès de l'auteur. Flash est un livre autobiographique qui parle de voyages et de rencontres. Charles Duchaussois nous fait parvenir ses moments vécus. Il évoque dans son livre l'univers des drogués : l'opium et le hachisch qui font «planer», le «flash» de la première piqûre, le «grand voyage du L.S.D».





     b) Un engagement pacifique en photo et chanson.

        Pour les Flower Children, être engagé est une évidence. Nés en pleine période de conflit, à savoir la guerre du Vietnam ainsi que la guerre froide, cette génération baignée dans un sentiment contestataire revendique toute sorte de libertés. De ce fait, le climat international devient de plus en plus tendu et une opposition interne apparaît aux États-Unis ; la guerre y est contestée. Aux États-Unis, de nombreuses manifestations contre la guerre du Vietnam se développent un peu partout dans le pays mais également dans le monde entier. Voici les dates importantes:

Le 17 avril 1965 : 15 000 étudiants défilent dans les rues de Washington pour protester contre la guerre.


Le 15 avril 1967 : 100 000 à 200 000 personnes défilent à New York contre la guerre. À Central Park, plusieurs centaines de jeunes détruisent leurs papiers militaires.

Le 03 mai 1971 : Un gigantesque "sit-in" (grève) à Washington. 500 000 manifestants (hippies et vétérans majoritairement) se sont retrouvés dans la capitale fédérale pour dénoncer la guerre du Vietnam.

        Les manifestations contre la guerre du Vietnam rassemblent une grande partie de la jeunesse (composée pour la plupart de jeunes hippies). Quand ils ne militent pas activement et directement pour faire cesser le conflit au Vietnam, la plupart de ces jeunes prônent simplement la paix et l’amour de leur prochain avec des slogans tels que « peace and love ». Ils aspirent à un monde plus juste.

     En effet, des photographies comme « La fille à la fleur » de Marc Riboud confirment cet état d’esprit. Prise en 1967 lors d'une manifestation à Washington, cette photographie dénonce l'intervention de l'Amérique au Vietnam. Une jeune manifestante s'approche de soldats armés, son arme est une simple fleur – arme inoffensive, qui va pourtant se voir changer d'une puissance planétaire grâce à ce cliché. Les hippies s'engagent en tant qu’humains avant tout, et cette photographie représente en image le principe et l’influence du  Flower Power.


Bien que « La fille à fleur » soit une des photographies pacifistes les plus connues, elle n’est pas unique en son genre. D’autres photographies sont très similaires, comme celle présentée ci-dessous :


           Outre la photographie, la musique est une autre forme d’art également très exploitée par les Hippies pour traduire de manière pacifique leur indignation face aux conflits auxquels leur époque fait face. Des paroles douces, comme une berceuse, qui pourtant dénoncent et restent engagées: c’est le cas d’«Imagine», le très célèbre titre de John Lennon, l’ancien chanteur des Beatles.
         Sortie en 1971 dans l’album éponyme, cette mélodie encore d’actualité -malgré ses 46 années- nous invite à un moment d’amour, de paix et de partage. Les paroles sont simples, de manière à être comprises au niveau international. "Imagine" est considérée comme une des meilleures chansons Soft Rock jamais crées. Le magazine Rolling Stone la plaçant troisième plus grande chanson de tous les temps. La chanson à également reçue, en 1999, un Grammy Awards, remis à John Lennon à titre posthume -il était alors décédé depuis 19ans- et à Plastic Ono Band pour sa « signification historique ou qualitative ». Cette chanson a donc eu une véritable puissance d’un point de vue sociologique de par ses paroles qui amènent à la réflexion sur sois et sur le moyen d'atteindre le rêve idyllique d'un monde en paix. 

LYRICS :


Imagine there's no heaven
It's easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today... Aha-ah...

Imagine there's no countries
It isn't hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion, too
Imagine all the people
Living life in peace... You...

You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will be as one

Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
Imagine all the people
Sharing all the world... You...

You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will live as one


                *                                             *                                       * 

      c) L’émancipation de la femme à travers la photo.


         A la fin des années 1960, début des années 1970, la femme, jusqu’alors sous-estimée par la société, est en pleine révolution. Un changement radical fait alors surface, dans l’élan du mouvement Hippie : le féminisme.

        Qu’est-ce que le féminisme ? Le féminisme, c’est tout d’abord un ensemble d’idées politiques, sociales et philosophiques. Des traces de ces idées nous parviennent de l’époque des Lumières, mais aucun changement n’avait été constaté jusqu’alors. Nous pouvons donc constater que le mouvement Hippie a eu un rôle plus que primordial dans la mise en œuvre des idées fondatrices du féminisme. On peut notamment évoquer les manifestations de mai 1968, lors de la naissance du Mouvement de Libération de la Femme. Les féministes ont alors pour but de lutter pour le droit à la contraception et à l’avortement. Mais la liste ne s’arrête pas là ; l’égalité Homme-Femme est contestée et pour eux, elle se doit d’évoluer d’un point de vue symbolique, moral et juridique. Les femmes veulent se défaire à tout prix de cette image d’objet sexuel; de bonnes à tout faire et retrouver une considération descente et respectueuse de leur personne.
           Si l’art féministe est apparu dès les années 1960 -tout comme le mouvement Hippie-, il ne prendra une forme concrète qu’au début des années 1970, principalement aux États-Unis, ou le mouvement a marqué sa présence de manière plus forte que dans n’importe quel autre pays. Durant cette période, ce mouvement artistique était alors qualifié d’essentialiste par son accent sur l’identité féminine, qui tend à présenter le féminin comme une « entité biologique et spirituelle » radicalement opposée à celle du masculin. Un culte féminin apparaît alors à travers les productions artistiques ; tel un cri annonçant une nouvelle ère pour la femme. 


Ci-dessous, l’oeuvre de Peter Hassman intitulée "Genital Panic", datant de 1969. Cette femme, assise et totalement vêtue exhibe son sexe. Le regard droit, planté dans l’objectif, l’air sérieux et des cheveux sauvagement coiffés, les pieds nus ; tout nous évoque la provocation. Cette photographie poignante résume en une image la ferveur féministe à vouloir détenir des droits : on peut parler d’une certaine puissance de la photographie.

 



         






        Bien que cette photo soit des plus provocantes, elle n’est pas celle qui a fait le plus polémique en son temps. En effet, une photo plus célèbre encore datant du mercredi 19 avril 1967 fait encore parler d’elle aujourd’hui. Il s’agit d’une photo du marathon de Boston. Même si les femmes n’étaient pas interdites de manière formelle à concourir, l’idéologie de l’époque ne leur permettait pas de participer : elles étaient jugées de trop faible nature. Aux jeux Olympiques, les dames ne vont pas au-delà du 800 mètres. On murmure même que l’effort pourrait leur faire tomber l'utérus, grossir les jambes de façon monstrueuse ou encore qu’elles pourraient développer des poils sur la poitrine.

Ces rumeurs n’arrêteront pas Kathrine Switzer. La jeune étudiante s’inscrit au marathon sous le nom de K.V Switzer, non pas pour cacher son identité féminine mais par habitude ; c’est ainsi qu’elle signe ses articles de journaux. 

         Sur cette photo,  un vieux monsieur en noir, derrière elle, tire sur son sweat-shirt et cherche à arracher son dossard. C'est Jock Semple, l'un des organisateurs de la course. Un autre homme âgé essaye de repousser l'assaillant : Arnie Briggs, le coach de Kathrine Switzer.  Les marathoniens semblent stupéfaits par la scène. Tous les regards convergent vers elle, la mettant en valeur. Kathrine Switzer finira malgré tout son marathon en 4heures et 20 minutes.

"Je savais que si j’abandonnais, personne ne voudrait jamais croire que les femmes ont la capacité de courir 42 km et plus. Si j’abandonnais, tout le monde dirait que c’était un coup de pub. Si j’abandonnais, cela ferait reculer le sport féminin bien en arrière au lieu de le faire avancer. Si j’abandonnais, je n’aurais jamais couru Boston. Si j’abandonnais, Jock Semple et tous ceux de son espèce auraient gagné. Ma peur et mon humiliation se sont changés en rage." -K.V. Switzer 
"Alors que nous courions vers le départ, Tom m’a dit : - 'Mais tu portes du rouge à lèvres !'  - 'Je porte tout le temps du rouge à lèvres. Qu’est-ce qu’il y a de mal à ça ?' - 'Quelqu’un pourrait voir que tu es une fille et ne pas te laisser courir. Enlève-le'. - 'Je n’enlèverai pas mon rouge à lèvres." -K.V. Switzer 
         Cette photo est devenue célèbre non pas pour son point de vue artistique comme la première, mais par son aspect militant et symbolique qu’elle véhicule : la force physique et mentale féminine face aux préjugés de l’époque. La photographie a eu son mot à dire, parlant d'elle même,  et a percuté les consciences des plus fermés de l'époque. 

     d) Un appel à l’amour, la paix, le partage et la liberté.

L’amour, la paix et le partage sont en effet trois principes fondamentaux du mouvement hippie. C’est ce que prône ce mouvement: des principes différents pour un monde différent. Plusieurs musiques en font l'éloge, dont "Une maison bleue" de Maxime Le Forestier. Maxime le Forestier écrit cette chanson non pas pour dénoncer ou défendre une cause ni un droit, mais pour remercier des hippies qui l’ont accueilli lui et sa sœur. C'est une chanson biographique retraçant son voyage à San Francisco. Après avoir remporté un prix musical avec sa sœur, un ami leur a confié une adresse où ils se rendent. Ils y restent plusieurs semaines, au milieu d'une communauté hippie baptisée «Hunga Dunga». Pour les remercier de leur accueil Maxime et sa sœur décident de leur écrire une chanson. Les paroles donnent un ressenti de bons souvenirs, une description agréable d'un lieu qu'ils respectent. Ils veulent faire passer un message de remerciement pour la bonté de leurs hôtes à leur égard, et avant tout faire partager à tous ceux qui n'ont jamais pu s'y rendre le plaisir de cohabiter avec cette communauté. (Cette maison existe toujours, mais n'est plus habitée par les résidents de l'époque.) 







Maxime le Forestier n’est pas le seul artiste à avoir parler des grands principes de ce mouvement. Il existe aussi la grande artiste musicienne Janis Joplin, elle-même une hippie influente durant les années 60. Elle est très connue et se fera même surnommer "Pearl" ou la "Mama Cosmique". Dans ses nombreuses chansons elle dénonce la société de consommation, ou bien elle parle d’amour comme dans sa musique "Trust me". Janis est connue par sa voix qui n’est pas commune, et sa présence sur scène qui est dite "électrique". 
Elle participera aussi au grand festival de musique Woodstock.
Janis Joplin compose et interprète donc sa chanson "Trust me" qui évoque l’amour et la passion qu’elle donne. Des paroles poignantes et propre à nous tous, elle touchera beaucoup de fans -d'hier et d'aujourd'hui.




                        




En parallèle se trouve la fameuse chanson de Richie Havens intitulée "Freedom". Une chanson très rythmée et entraînante qui parle de l’amour familial: l'artiste fait référence à ses proches (sa mère et son frère).  Toute la musique est fondée sur un ostinato rythmique et mélodique, qui aura tendance à varier par moment. Des paroles donc répétitives,  qui créées ainsi une insistance très remarquable et remarqué par l'auditeur. Qui est Richie Havens ? Il faut savoir que cet homme est un chanteur et guitariste américain. Il sera lui aussi reconnu par sa voix extraordinaire aux tons pop. Sur plus de trois décennies, Richie Havens se sert essentiellement de la musique pour faire passer à travers celles-ci des messages évoquant la fraternité et la liberté. 

Voici une de ses grandes citations : 
«I really sing songs that move me. I’m not in show business, I’m in the communications business. That’s what it’s about for me.» 
 «Je chante des chansons qui m'émeuvent réellement. Je ne fais pas du show business, je fais de la communication. Voilà tout ce qui importe pour moi.»







        Beaucoup de chanteur de cette époque chantent pour faire passer des messages de paix, d'amour et de partage. C’est en parti grâce à la musique qu’ils arrivent à se faire entendre. L’impact devient gigantesque, et par la suite on aperçoit une modification culturelle majeure, même si ce mouvement a perdu progressivement son ampleur. 

Conclusion: 

        Le mouvement Hippie a incontestablement eu un impact sur les consciences de l'époque, et celles-ci ont partiellement perduré sur celles du XXI ème siècle. Ce mouvement s'est éteint au fur et à mesure des ans, mais renaît de nos jours à travers la mode ou la mentalité de certains jeunes qui s'encrent et s'inspirent de cette idéologie antérieure. Le genre psychédélique reste d'actualité et ne se démode pas, bien qu'il ai évolué en des en œuvres visuelles bien plus complexes. Pour conclure, ce mouvement a marqué un réel tournant pour de nombreuses personnes qui se sont retrouvées changées par cette idéologie nouvelle transmise sous divers arts; qu'il s'agisse de musique, de photographie ou de littérature. 


   

Nos sources: 

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2006/09/01/howl-de-allen-ginsberg-manifeste-et-cri-de-colere.html 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hippie
http://laplumedauphine.fr/2013/04/17/le-feminisme-dans-lart-emancipation-de-la-femme-ou-stigmatisation/ 
http://psychephonique.canalblog.com/archives/2006/05/21/1926924.html 
http://www.lacoccinelle.net/249978.html
http://www.lacoccinelle.net/247815.html
http://www.lacoccinelle.net/243444-john-lennon-imagine.html
http://paroles.zouker.com/maxime-leforestier/la-maison-bleue,108826.htm
http://www.paroles.net/boris-vian/paroles-la-complainte-du-progres-arts-menagers
https://fr.wikipedia.org/wiki/Imagine_(chanson)
http://www.leparisien.fr/sports/ile-de-france/cette-marathonienne-a-ecrit-l-histoire-10-09-2016-6108335.php 
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http://www.dailymotion.com/video/x5o6x3_les-annees-hippies-katmandou-arte-p_webcam
http://www.dailymotion.com/video/x5oajv
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